Conduire avec la migraine : lorsque les crises transforment des tâches courantes en situations dangereuses

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Les personnes souffrant de migraine sont légalement autorisées à conduire, sans restriction. Cependant, des symptômes tels que les maux de tête invalidants, la fatigue, les vertiges et la vision floue, peuvent considérablement altérer l’aptitude à conduire. De même, il peut être dangereux de prendre le volant sous l’effet de certains médicaments.

Mais il arrive que l’on soit obligé de conduire ou que la migraine s’aggrave sur la route. Aujourd’hui, Ciara O'Rourke évoque la nécessité de prendre des mesures avant qu’une crise de migraine ne mette votre vie et celle des autres en danger sur la route.

Lors d’une crise de migraine, conduire est, pour moi, l’une des choses les plus difficiles à faire. Malheureusement, je suis obligée de conduire au quotidien. 

Je travaille à Dublin, en Irlande, mais, comme beaucoup de gens, le coût du logement dans la capitale m’a forcée à quitter la ville pour m’installer en banlieue en 2008. Depuis, je dois prendre la voiture chaque jour pour aller au travail et rentrer chez moi. Ce n’est pas quelque chose qui me dérange particulièrement. En réalité, je trouve même cela apaisant : conduire me permet de prendre de la distance par rapport à la longue liste de responsabilités que j’ai à la maison et au travail. 

Mais pendant une crise de migraine ? Conduire n’est pas seulement désagréable, cela peut aussi s’avérer dangereux. 

Lorsque la migraine frappe, vous pouvez avoir l’impression d’être dans une situation impossible.

Il existe plusieurs types de migraines et de maux de tête, avec chacun leurs signes annonciateurs et leurs symptômes. Mes symptômes prennent la forme de céphalées chroniques quotidiennes (CCQ), qui peuvent survenir 20 à 25 jours par mois. En plus des CCQ, je souffre de deux à six crises de migraine environ par mois. 

Mes migraines sont qualifiées de « migraines vestibulaires ». J’ai un mal de tête sévère associé à une vision floue ou altérée. Lors d’une crise, je suis prise de vertiges, comme si la pièce tournait. Je souffre également de nausées et de vomissements, de fatigue et de sensibilité à la lumière (également connue sous le nom de photophobie). Comme vous pouvez l’imaginer, conduire devient pratiquement impossible pendant une crise ! 

Pourtant, lorsque la migraine survient au travail ou sur la route, je n’ai souvent pas d’autre choix que de conduire. Bien sûr, il m’arrive de demander à mon mari ou à une amie de venir me chercher, mais ce n’est pas toujours possible. 

Quand j’ai une migraine, je n’ai qu’une envie : me mettre au lit dans une pièce sombre. Malheureusement, il m’est arrivé de choisir de conduire en ayant une migraine et cela a toujours été une expérience désagréable. 

Nous ne choisissons pas de vivre avec la migraine mais nous pouvons la gérer avec responsabilité

Un jour, j’étais au travail lorsque j’ai senti une crise de migraine arriver. Mon emploi du temps était chargé, j’ai donc décidé de rester au bureau. J’ai pris les médicaments qui m’avaient été prescrits ainsi qu’une collation, et je me suis rendue à une réunion.

La migraine n’a fait qu’empirer. Très vite, la nausée et les vomissements étaient si intenses que j’ai dû quitter la réunion. Je suis retournée à mon bureau et j’ai essayé d’appeler mon mari. Il est enseignant et, malheureusement, il ne pouvait pas venir me chercher car il était en plein milieu d’un cours. J’ai décidé de prendre la voiture pour rentrer chez moi, un trajet d’environ 30 minutes sur une autoroute très fréquentée.

Je me suis préparée du mieux que j’ai pu pour prendre le volant et j’ai bu beaucoup d’eau. Mais, pour être honnête, arrivée à ce stade, la préparation ne sert pas à grand-chose. J’ai roulé à peine 10 minutes avant que l’envie de vomir ne m’oblige à me ranger sur le bas-côté. Essayer de reprendre ses esprits au bord d’une autoroute bondée est une expérience que je ne recommande à personne. 

Un nouvel épisode de nausée et de vomissements m’a à nouveau contrainte à m’arrêter avant de pouvoir enfin rentrer chez moi. Ce jour-là, j’aurais mieux fait d'écouter mon corps et quitter le travail avant que les symptômes ne prennent une telle ampleur. 

Nous devons écouter notre corps, pour notre sécurité et parfois aussi celle des autres

Malheureusement, les symptômes de la migraine peuvent survenir n’importe où et n’importe quand. J’ai essayé de ne pas laisser la migraine m’empêcher de vivre et d’atteindre mes objectifs. Mais parfois, il m’a fallu prendre conscience que cette maladie peut interférer avec nos activités et qu’il est impératif de l’accepter lorsque cela se produit. Nous devons la gérer sans prendre de risque, même si cela signifie interrompre complètement ce que nous faisions et mettre en pause tout ce que nous devions faire. 

J’aurais dû quitter le travail plus tôt ce jour-là. Je n’aurais pas dû laisser la migraine empirer au point de devoir conduire tout en essayant de gérer les troubles digestifs sévères de la crise. J’ai mis ma vie et la vie des autres en danger, et c’est quelque chose qui m’inquiète. 

Se fixer des limites et des objectifs réalistes est essentiel lorsque l’on vit avec la migraine chronique. Je n’y parviens pas toujours, mais je m’efforce d’apporter ces petits changements afin d'améliorer ma qualité de vie.  

COB-FR-NP-00133 – Février 2025


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